Atteindre les objectifs climatiques mondiaux exige une quantification précise des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de leur impact sur la température. Or, le choix de la métrique – en particulier entre le Potentiel de Réchauffement Global à 100 ans (PRG₁₀₀) ou « Global Warming Potential » en anglais (GWP₁₀₀) et le Potentiel de Réchauffement Global Étoile (PRG*) en anglais GWP*– influence fortement la manière dont les émissions et leurs contributions au réchauffement sont représentées dans les bilans climatiques. Bien que les métriques ne modifient pas les résultats physiques en termes de température, elles affectent l’interprétation de l’impact des émissions et, par conséquent, les estimations d’élimination du CO₂ et les stratégies d’atténuation.
En utilisant les projections de la FAO pour les émissions mondiales de l’élevage à l’horizon 2050, nous analysons comment le choix de la métrique affecte l’évaluation des estimations d’élimination du CO₂ nécessaires pour compenser les émissions de méthane (CH₄) et atteindre l’état « pas de réchauffement supplémentaire ». Nos résultats montrent que le PRG₁₀₀ peut surestimer ou sous-estimer l’impact cumulatif du CH₄ selon les trajectoires d’émission, tandis que le GWP* fournit une approche dynamique, mieux alignée sur les objectifs de température. Ces différences ont des implications politiques majeures, car elles influencent la perception de l’efficacité des stratégies d’atténuation et la répartition des besoins en termes d’élimination du CO₂. Cette étude souligne la nécessité de choisir des métriques appropriées dans la conception des cadres climatiques, en particulier pour des secteurs fortement émetteurs de méthane comme l’élevage, afin de représenter correctement leur contribution aux objectifs de température mondiale.