La revue Viandes et produits carnés

La revue française de la recherche en viandes et produits carnés  ISSN  2555-8560

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 ECONOMIE ET CONSOMMATION

 
 

Lecture d’actualité - Demande croissante en viande

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Réflexions sur la nature humaine, le leadership et le défi de nourrir une population en croissance. Demande croissante en viande : quelques chiffres-clés pour le futur

Cet article est la traduction de l’anglais d’un extrait du livre «We Will Reap What We Sow», publié en mai 2012.

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Au fur et à mesure que l'économie des pays émergents s'améliore, leur population devient plus prospère. Cette dynamique est très similaire à celle des pays occidentaux au cours du XXe siècle. L’amélioration du niveau de vie se traduit par des changements alimentaires. La consommation de protéines animales, en particulier la consommation de viande, augmente.

Pour envisager quelles pourraient être les conséquences d'une consommation accrue de viande, il est intéressant de voir l’effet dû à l’ampleur de ce changement en Chine. En effet, la consommation de viande en Chine a déjà dépassé le cap des 50 kg par habitant et par an, et les projections indiquent qu'elle devrait atteindre environ 80 kg par habitant par an en 2030. A population constante, cela représente une augmentation de la consommation de viande de 45 millions de tonnes par an

Quand un milliard et demi de personnes mangent en moyenne un kilogramme de plus de viande de poulet par personne, la production mondiale doit augmenter d'environ 750 millions de poulets. Cela représente environ 2 % de la production mondiale. Les 20% de production mondiale supplémentaire pour satisfaire une augmentation de consommation de 10 kg par Chinois par an représentent à peu près la totalité de la production américaine de poulet actuelle et est supérieure à la production brésilienne actuelle.

De même, lorsque chaque Chinois consomme en moyenne un kilo supplémentaire de porc, le monde doit produire 15 millions de porcs en plus, ce qui représente 1,5 % de la production mondiale de porc. Une augmentation de 10 kg par an par Chinois (plus 15 % de plus de production mondiale), représente cinq fois la production porcine actuelle de l'Iowa, aux Etats-Unis, ou bien 60 % de la production de l'Union européenne.

Pour la viande bovine, une augmentation de la consommation d'un kilo par Chinois par an nécessite une augmentation de production de 2,4 %. Pour satisfaire une consommation individuelle de 10 kg en plus par an, les 24 % de production mondiale supplémentaire équivalent à environ 125 % de la production de viande bovine américaine totale actuelle.

Différentes productions animales ont des indices de consommation différents. L’indice de consommation est la quantité de nourriture nécessaire pour produire 1 kg de viande. Pour la viande de poulet, l’indice de consommation est de l’ordre de 1,8. Pour la viande de porc, il est d'environ 3. Pour la viande bovine, en fonction de la proportion d'herbe dans l'alimentation du bétail, la quantité de céréales utilisées pour produire 1 kg de bœuf varie. Avec un indice de consommation moyen de 3 pour l’ensemble des différentes productions, une augmentation de la consommation de viande de 30 kg en Chine se traduirait par la nécessité de produire un volume supplémentaire d’aliment du bétail de 3 x 30 kg x 1,5 milliard. En fonction de la croissance de la demande pour chaque type respectif de production de viande, l’augmentation des besoins en aliments du bétail, à l'exclusion de l'herbe, varierait de 100 à 150 millions de tonnes.

Le second pays le plus peuplé, l’Inde, est encore en grande partie végétarien et se situe parmi les pays ayant la plus faible consommation individuelle de viande, avec moins de 4 kg par habitant et par an. Mais  les Indiens changent peu à peu leurs habitudes alimentaires. La consommation de viande, en particulier de poulet, augmente en Inde, mais dans des proportions beaucoup moins spectaculaires qu’en Chine.

Très clairement, la croissance de la population combinée à l’augmentation de la consommation de viande aura des conséquences. Quelques calculs simples peuvent montrer l'ampleur de cette tendance. Entre 2010 et 2050, selon des projections « moyennes », la population mondiale augmentera de 2,2 milliards, passant de 6,8 à 9 milliards d’humains. Si cette population additionnelle consomme comme la moyenne actuelle, la consommation de viande augmentera d'environ un tiers (2,2/6,8). Avec environ 47 kg de viande par habitant et par an (selon la FAO), cela représenterait une augmentation de la consommation de viande 103 millions de tonnes par an (2,2 milliards x 47 kg). Cela correspond à un besoin supplémentaire annuel en alimentation animale, à l'exclusion de l'herbe, compris entre 230 et 345 millions de tonnes par rapport à 2010.

Il est possible de faire des hypothèses sur les effets d’un niveau plus élevé de consommation s’ajoutant à la croissance de la population. A l’horizon 2020, pour chaque tranche de 10 kg supplémentaires de consommation annuelle individuelle, la production de viande supplémentaire doit être supérieure de 90 millions de tonnes de viande (9 milliards x 10 kg). Le tableau 1 présente les besoins supplémentaires de production de viande, par rapport à 2010, pour une population de 9 milliards de personnes, en fonction de son niveau de consommation de viande.

Tableau 1 : Hypothèses de la demande totale de viande à l’horizon 2050 en fonction de l’augmentation de la consommation individuelle annuelle

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La consommation moyenne de viande dans les pays développés est actuellement d’environ 97 kg par habitant par an. Si la consommation moyenne de viande par habitant par an dans le monde devait atteindre ce chiffre, la production de viande devrait presque tripler de volume par rapport à 2010 pour satisfaire à la demande.

Beaucoup de scénarios pessimistes sur le défi de nourrir le monde sont fondés sur l'hypothèse que le modèle de régime alimentaire sera le régime occidental actuel, et en particulier le régime alimentaire américain. Cette hypothèse est loin d'être certaine. En fait, ce ne sera probablement pas le cas. Au fur et à mesure que la population mondiale augmente, un des points sensibles, en particulier dans le monde suralimenté, sera de savoir quoi manger et en quelles quantités. Une hausse probable des prix alimentaires à terme forcera les consommateurs à réfléchir. Il est important de faire la différence entre les besoins nutritionnels et les désirs des consommateurs. Aujourd'hui, le monde produit déjà assez de calories et de protéines pour répondre aux besoins nutritionnels de 9 milliards d’humains. Si ces 9 milliards, prévus pour 2050, veulent tous avoir un régime occidental, la quantité de calories nécessaire à produire sera équivalente aux besoins nutritionnels en calories de 17,5 milliards de personnes.

Il est normal de s'attendre à voir l’efficacité de conversion alimentaire des animaux d’élevage s'améliorer à l'avenir. Néanmoins, la production d'aliments pour animaux augmenterait très fortement par rapport à 2010. Aujourd’hui, un tiers de la production de céréales est destinée à l’alimentation animale. Un triplement des besoins en viande signifierait que la production de céréales devrait doubler, pour satisfaire l’appétit de la population mondiale pour la viande.

De toute évidence, le défi de nourrir le monde dépendra de plus en plus du défi de satisfaire la demande globale en viande. Le défi pour les producteurs de denrées agricoles sera de répondre à la demande pour l'alimentation animale. Au fur et à mesure que la demande en viande augmente, il n'y a aucun doute que la question de savoir combien de viande le monde peut se permettre de manger se posera avec de plus en plus d’acuité.

 

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