Revue Française de la recherche
en viandes et produits carnés

ISSN  2555-8560

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La consommation de protéines animales, bénéfique aux structures cérébrales

Peu d'études ont examiné l'apport et les sources de protéines alimentaires, en combinaison avec les changements longitudinaux des marqueurs de la structure cérébrale. Notre étude visait à examiner l'association entre l'apport en protéines alimentaires et les différentes sources de protéines alimentaires, avec le taux de changement longitudinal des marqueurs structurels du cerveau. Au total, 2 723 et 2 679 participants de la UK Biobank ont été inclus séparément dans l'analyse. Les quantités relatives et absolues d'apport en protéines alimentaires ont été calculées à l'aide d'un questionnaire sur les habitudes alimentaires des 24 dernières heures. Les taux de changement longitudinal des biomarqueurs structurels du cerveau ont été calculés à l'aide de deux séries de données d'imagerie cérébrale. L'intervalle moyen entre les évaluations était de trois ans. Nous avons utilisé une régression linéaire multiple pour examiner le lien entre la consommation de protéines alimentaires et leurs différentes sources d’une part et les changements longitudinaux des biomarqueurs structurels du cerveau d’autre part. Des outils statistiques spécifiques (splines cubiques restrictives) ont été utilisés pour explorer les relations non linéaires, et des analyses stratifiées et de sensibilité ont été effectuées. L'augmentation de la proportion de protéines animales dans l'apport protéique alimentaire était associée à une réduction plus lente du volume total de l'hippocampe (THV, β : 0,02524, p < 0,05), du volume de l'hippocampe gauche (LHV, β : 0,02435, p < 0,01) et du volume de l'hippocampe droit (RHV, β : 0,02544, p < 0,05). Un apport plus élevé en protéines animales par rapport aux protéines végétales était associé à un taux d'atrophie plus faible dans le THV (β : 0,01249, p < 0,05), le LHV (β : 0,01173, p < 0,05) et le RHV (β : 0,01193, p < 0,05). Les personnes ayant une consommation plus élevée de fruits de mer présentaient un taux de changement longitudinal plus élevé dans le HV par rapport à celles qui ne consommaient pas de fruits de mer (THV, β : 0,004514 ; p < 0,05 ; RHV, β : 0,005527, p < 0,05). Dans les analyses de sous-groupes et de sensibilité, aucune modification significative n'a été observée. Une augmentation modérée de la consommation d'un individu et de la proportion de protéines animales dans son alimentation, en particulier celles provenant des fruits de mer, est associée à un taux d'atrophie plus faible du volume de l'hippocampe.

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Edito

Le gout et les bénéfices de la viande

Une fois encore, les chiffres démentent les impressions. Tandis que l’air du temps porte à croire à une désaffection des consommateurs pour les produits carnés, les statistiques montrent le contraire. Selon les dernières données de FranceAgriMer et d'Agreste publiées dans une synthèse de conjoncture parue en juillet, les Français ont consommé en 2025, pour la deuxième année consécutive, davantage de viande, avec une hausse globale de 1,3 % en 2025, après une progression de 2,3 % en 2024. À 85,7 kilos équivalent-carcasse (kgec) par habitant, le niveau de consommation retrouve son étiage de 2016, s'éloignant du point bas de 2023 marqué par une inflation galopante. Les grandes tendances de ces dernières années se confirment. La consommation de viande bovine diminue de nouveau (- 3%) à 20,1 kgec par habitant, tout comme le mouton et l'agneau (- 5,9 %) à 2 kgec, tandis que la volaille poursuit sa croissance (+3,3 %) pour atteindre 31,7 kgec par habitant. La viande porcine a connu dans le même temps une embellie (+2,7 %) à 31,5 kgec.
Ces évolutions constitueraient une bonne nouvelle pour les filières françaises si elles ne profitaient essentiellement aux origines étrangères. Selon la même étude, les importations de viande ont progressé sur la même période de 5%, la palme revenant à la viande de volaille (+ 8,6 %), devant les importations de viande porcine (+ 3,9 %). La part des importations a dépassé les 50% pour la viande de poulet ! Dans le même temps, la viande bovine a jugulé cette tendance, les importations ayant connu une baisse de - 0,8 % en 2025 après - 0,3 % en 2024 et - 5,7 % en 2023. La part des produits exportés progresse cependant légèrement, à 26%.
Toujours est-il que les Français, en dépit de différentes injonctions, apprécient plus que jamais d’équilibrer leur alimentation avec la viande. Ses bénéfices nutritionnels, souvent questionnés, sont de mieux en mieux connus, comme en témoignent plusieurs articles que nous vous proposons dans cette édition de Viandes&Produits Carnés. Deux contributions "Modélisation de l’effet matrice de la viande" et "Effet matrice de la viande : déterminants et implications nutritionnelles" par des équipes de l’Unité Qualité des Produits Animaux d’INRAE et de l’Université Clermont Auvergne permettent de mieux comprendre l’effet matrice dans la biodisponibilité des nutriments de la viande. Un autre article ("Biodisponibilité des vitamines et de la choline dans les produits animaux") éclaire la manière dont les produits animaux sont des vecteurs de vitamines et de choline biodisponibles trop longtemps négligés. Des domaines où les champs d’investigation sont encore importants.
Également à lire dans cette édition, une présentation des enjeux et projets de l’UMT Imerviande qui entend accompagner les transitions technologiques, humaines et numériques des filières viandes françaises et une étude sur le rôle de l’élevage ovin dans les régions steppiques algériennes.
Bonne lecture et bon été,

Jean-François HOCQUETTE et Bruno CARLHIAN