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« Animal, viande et société : des liens qui s’effilochent »

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Compte-rendu du colloque du 31 mai 2016 à Paris

Le CIV a organisé en mai 2016 un colloque sur le thème : "Animal, viande et société : des liens qui s’effilochent". Ce résumé présente brièvement trois angles d’analyse dégagés par les intervenants : le carnisme comme nouveau problème public, une consommation qui se complexifie et un profond changement d’époque qui influe sur les conceptions de l’Homme et des animaux que nous avons aujourd’hui.

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INTRODUCTION

Le 31 mai 2016 à l’Institut Pasteur, le colloque du CIV Viande, Sciences et Société s’est déroulé en trois temps. D’abord il a posé les éléments de structures propres à notre société qui caractérisent et déterminent historiquement les relations entre les hommes et les animaux de boucherie. Ensuite ont été analysés les arbitrages réellement faits par les consommateurs et les acteurs de la distribution. Enfin, la réflexion a été déportée en s’interrogeant sur le sens philosophique des conceptions que les hommes ont aujourd’hui d’eux-mêmes et de leur relation aux animaux de boucherie.

 

I. LE CARNISME COMME NOUVEAU PROBLÈME PUBLIC

L’Homme se nourrit des produits des animaux domestiqués depuis le néolithique. Mais à partir du XIXe siècle, la société s’est engagée dans des évolutions qui ont conduit à ce qu'aujourd’hui la mise à mort des animaux soit socialement de plus en plus difficile à assumer. Ces évolutions sont passées par l’éloignement des abattoirs du cœur des villes, la segmentation du travail sur les animaux (élevage, abattage, découpe…) et l’essor des pratiques dites intensives ou industrielles, tant au niveau de l’élevage que de l’abattage. Toutes ces évolutions ont comme corollaire le ressenti par l’opinion d’une dégradation des conditions d’élevage et d’utilisation des animaux de boucherie, l’émergence de la notion de bien-être animal et sa progressive inscription dans le droit.
Deux idées sont à retenir. D’abord celle du carnisme, c’est-à-dire l’idée qui, dans ce contexte général, fait de la consommation de viande un acte critiquable par nature, tandis que le végétarisme serait vertueux. Ensuite l’idée selon laquelle cette consommation de viande devient en soi un problème public, faisant débat aussi bien auprès des acteurs de la société que pour les caractéristiques intrinsèques. Dans ce dernier cas, le débat se tient surtout en résonance à un ensemble de préoccupations propres à la société : montée de la valeur santé, souci du développement durable, marques d’appartenance sociale, services psychologiques d’assurance ou réassurance, etc.

 

II. UNE CONSOMMATION QUI SE COMPLEXIFIE

Les évolutions de la société mentionnées en première session et qui concernent directement les relations entre les hommes et les animaux pèsent indiscutablement sur les pratiques de consommation et les décisions d’achat. Elles concernent notamment de nombreux changements des modes de vie en général, indépendamment de la relation aux animaux. À l’occasion de la table ronde de la seconde session, il est apparu que ces changements ont tout autant trait aux rythmes de vie urbaine, à la baisse du temps consacré aux achats et à la préparation des repas qu’à l’essor des préoccupations diététiques et esthétiques, à la recherche de garanties sanitaires, d’origine, de modalités de production (bio, local, label…), aux revendications d’identité religieuse ou idéologique. Si certains de ces changements se traduisent par une opposition à la consommation de viande, d’autres vont au contraire dans le sens d’une demande pour des produits bruts de meilleure qualité (maturation…), ou de praticité par la transformation. En définitive, si certains liens des consommateurs à la viande se distendent, d’autres ont plutôt tendance à se renforcer en se diversifiant. C’est une demande qui se complexifie et pour laquelle les filières viande doivent faire face.

 

III. UN PROFOND CHANGEMENT D’ÉPOQUE

Si les évolutions du rapport des hommes aux animaux domestiques et à leur viande évoquées dans les deux premières sessions s’enracinent dans de profonds changements de la société, le développement de nouvelles disciplines scientifiques et de nouvelles technologies influent aussi – et plus profondément encore – sur la conception que les hommes ont aujourd’hui d’eux-mêmes et de leur relation aux animaux de boucherie. Sont ici notamment en cause, d’un côté, l’émergence des sciences cognitives qui effacent partiellement les frontières entre les hommes et les animaux et, de l’autre, les technologies d’amélioration des capacités humaines qui effacent partiellement les frontières entre les hommes et les machines. À ces révolutions scientifiques correspondent deux utopies selon le philosophe Francis Wolff – transhumaniste et antispéciste – qui, selon le cas, se font écho et ne prospèrent que parce que les êtres humains ont perdu conscience de leur spécificité d’Homme, à mi-chemin entre les dieux et les animaux, c’est-à-dire tout autant éloignés de l’hubris de se croire l’égal des dieux, que de la bestialité par laquelle l’homme devient l’égal d’un animal. C’est cette conscience que l’Homme a de lui-même et de son identité qu’il faut donc regagner pour éviter que nos relations avec les animaux ne s’effilochent dans une anomie confondant les différentes formes du règne animal et ce règne animal avec l’univers des machines.

 

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